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    Nominations au Centre « Après-demain »

    Lors de mon dernier séjour automnal au Niger, (encore 42° à Zinder à cette période-là), le personnel local s’est vu gratifier de certaines nominations ! Pour les remercier de leur travail, de leur assiduité ces dernières années et les fidéliser pour les prochaines années, le comité de l’Association a décidé de nommer le jeune directeur d’école en tant que directeur du Centre. Un ancien instituteur de l’Association (3 ans avec l’Association) a été nommé directeur d’école et une ancienne institutrice (4 ans avec l’Association) a été nommée surveillante générale du Centre, avec la responsabilité de la bibliothèque. Nous avons une belle et riche bibliothèque au réfectoire du Centre, grâce aux centaines de livres reçus en 2013 par container, par de généreuses personnes en Suisse.
    La surveillante générale du Centre dispensera également des cours de rattrapage aux élèves qui ont un peu de peine avec certaines matières, des cours de français aux filles de la couture et aux filles-mères et elle participera aux visites à domicile des élèves malades ou absents sans justificatif. Balkissa, la future jeune secrétaire du Centre, recevra également des cours de français de sa part pour améliorer encore son vocabulaire et l’orthographe. Afin de me rédiger de magnifiques et complets rapports journaliers des activités au Centre !
    Les collégiennes sont ravies de disposer de jolis et illustrés livres au Centre. Cela leur permet d’améliorer encore leurs connaissances et la pratique de la lecture.
    En 2 ans, le directeur du Centre est passé d’instituteur à directeur d’école pour être aujourd’hui le directeur du Centre. Après un engagement, ce printemps, avec une volontaire de la Suisse pour m’aider sur le terrain, nous avons privilégié de nommer le personnel local du Centre, pour plus de sécurité et de responsabilité locale.
    Je peux ainsi envisager sereinement, dès 2016, de travailler davantage depuis la Suisse, avec le Niger. Grâce à une connexion internet qui est plus ou moins assurée, selon les jours et les périodes de l’année (tempêtes de sable, chaleurs a passé 50°, inondations durant la saison des pluies…) je peux être en contact chaque jour avec le directeur du Centre, grâce à Skype et les rapports journaliers par mail. Je travaille par Skype depuis quelques mois et nous en avons un très bon fonctionnement et grande satisfaction. Cela encourage également le personnel local de savoir que leur fondatrice est toujours avec eux et les encourage à poursuivre leur travail et relever les défis qu’incombe un tel Centre pour les enfants orphelins, les enfants albinos et les filles-mères!
    La nouvelle infirmière du Centre (engagée cet été à l’essai) a de nouveau dû être changée. Quand je suis arrivée à Zinder, j’ai découvert quelques abus (elle envoyait des filles couturières faire ses achats personnels au marché durant le travail) et je lui en avais fait la remarque, pour qu’elle puisse améliorer son comportement. Malheureusement, elle n’a pas accepté mes conseils et elle a quitté dans la demi-heure son poste de travail, laissant 173 enfants au Centre et ses collègues… Comme cela devient une habitude de devoir trouver chaque année une nouvelle infirmière (et secrétaire) nous avons rapidement reçu de nouveaux dossiers, que nous avons sélectionnés au mieux, selon leur contenu et l’expérience. Le manque d’assiduité au travail, la fidélité et l’expérience au quotidien sont malheureusement des qualités qui manquent beaucoup dans la région de Zinder…. Mais on y travaille, on y travaille ! C’est justement tout le sens de scolariser et éduquer les filles et les garçons de l’Association, pour leur permettre, bientôt, de travailler au Centre avec un contrat de travail. Ils auront vu le fonctionnement du Centre et l’exemple de leur fondatrice et « tantie » Isabelle, qui ne se fatigue jamais à remettre de l’eau à l’ouvrage (et au moulin) !
    Le meilleur exemple en est justement la jeune ex-collégienne Balkissa, qui commencera sa formation de secrétaire début 2016 !

    2ème naissance au Centre de l’Association !

    Balkissa, la jeune ex-collégienne qui avait été mariée et répudiée par son mari de 60 ans, a mis au monde une petite fille, Hamida ! Elle est née en octobre et elle fait la joie du Centre, par ses sourires et ses pleurs nocturnes ! Hamida participe déjà à la vie du Centre et elle a plein de petites mains et de petites mamans qui s’occupent d’elle pendant que sa vraie maman donne des cours aux petites filles de la maternelle du Centre ! En attendant que Balkissa étudie le secrétariat, elle apprend aux petites de la maternelle les chiffres, les lettres, le chant et le dessin, contre une indemnité tous les vendredis pour son excellent travail d’assistante maternelle !

    Amadou, au Paradis des enfants

    Le jeune garçon albinos, Amadou, a enfin été libéré de ses grandes souffrances…
    Accompagnée du directeur du Centre, de la fidèle et dévouée nounou du Centre, du directeur du service social de l’hôpital de Zinder et d’un chauffeur expérimenté, je suis allée visiter pour la 2ème fois Amadou dans son petit village Peulh, à 112 km de Zinder. Toujours le même trajet, des « routes » cabossées et trouées, nous nous accrochions, dans la voiture, à tout ce semblait solide !
    Le père d’Amadou était très content de nous revoir, mais l’état de santé d’Amadou n’était vraiment pas encourageant… Il n’arrivait plus à se lever depuis quelques semaines. Il était trop faible. Il avait choisi de ne plus se nourrir pour pouvoir mourir et ne plus endurer les douleurs de la tumeur qui le frappait au visage… Je suis allée lui dire bonjour et quelques mots pour réchauffer son coeur (et le mien), qu’il n’était pas seul en ces durs moments. L’odeur était insupportable, on pouvait sentir la pourriture de la peau à des dizaines de mètres autour de sa case en paille. Son père a demandé ce qu’il pouvait faire pour atténuer cette odeur si forte. Rien, sinon accepter et vivre avec... par 40° !
    J’ai découvert Amadou, sous sa moustiquaire bleutée, avec une peau nécrosée et desquamée (comme des écailles). Il n’avait plus de peau sur la joue droite qui protégeait et habillait la mâchoire, sa joue partait en lambeaux rougeâtres et blanchâtres, on voyait ses dents sur toute la longueur de la mâchoire…. Et les insectes dansaient autour d’Amadou, comme des milliers de piqûres qu’il ressentait à l’infini dans sa tête et sur tout le visage….
    Sur le chemin du retour, nous étions 5 à prier silencieusement de toute notre âme, pour que les nouveaux médicaments et antidouleurs que je lui avais remis, puissent le soulager vraiment….
    Le mercredi suivant (nous étions allés le visiter un samedi), le père d’Amadou s’était déplacé au village voisin (25 km) pour intercepter un peu de réseau dans cette région et nous informer qu’Amadou avait rejoint le Paradis des enfants dans la nuit....
    Dans le village Peulh d’Amadou, à côté de son père et avec le directeur du Centre (à g.)

    Bilan de l’année

    L’année 2015 aura vu prendre des responsabilités effectives du personnel local au Centre « Après-demain » ! Les nouvelles nominations du directeur du Centre, du directeur d’école et de la surveillante générale permettront au Centre et aux 173 enfants orphelins, albinos et filles-mères de croire en un avenir qui se dessine gentiment mais sûrement, en responsabilisant les personnes du cru et en respectant leurs coutumes et traditions.
    Les nombreuses visites officielles, tout au long de l’année et particulièrement en 2ème partie de l’année, ont permis à différents Ministères du Niger et de la région de Zinder, de découvrir un établissement en mode « internat », qui permet à des jeunes d’être pris en charge d’une façon très constructive, disciplinée et avec du personnel local.
    La deuxième et dernière distribution alimentaire (riz ou maïs, oignons, sel et savons) de l’année, pour aider les familles des élèves de l’Association, en novembre dernier, a eu l’honneur d’accueillir la délégation du Sultan de la région de Zinder. Le Sultan est l’autorité morale et religieuse et il est extrêmement respecté par la population. Il a parlé aux parents présents et leur a dit combien il était important et nécessaire de laisser les jeunes filles étudier et ne pas les marier trop tôt ou les retirer de l’école pour travailler au marché ou aux champs durant la saison des pluies (de juillet à octobre).
    3 radios locales et la télévision régionale de Zinder sont venus enregistrer durant cette partie officielle de la distribution. Les images ont été diffusées le soir-même à la télé et plusieurs fois durant la journée sur les chaines de radio locales. Le directeur du Centre avait parlé en langue traditionnelle haoussa et j’avais témoigné en français.
    La Ministre de l’éducation du Niger a fait envoyer au Centre « Après-demain » du matériel scolaire pour nous féliciter et nous encourager !
    Notre demande d’autorisation d’être reconnue comme Association formatrice pour ses élèves est en cours. Nous avons reçu la 1ère visite officielle du Ministère de la formation professionnelle, qui donnera son avis prochainement pour la poursuite du dossier à la capitale. La 1ère étape consiste à recevoir l’autorisation de former des secrétaires, des assistantes et des monitrices pour la couture. La 2ème étape sera de former les garçons du Centre par des ateliers extérieurs de menuiserie, de mécanique et d’électricité. Les garçons sont âgés actuellement de 4 à 9 ans, cela nous donne une certaine marge pour préparer ce projet…
    La récolte de Niébé, d’arachides, de mil, d’haricots, de sorgo (soja) et de canne à sucre a été bonne au Niger pour la saison 2015-2016 ! Il a heureusement plu suffisamment, entre juillet et octobre, sur certains endroits du Niger, dont Zinder !

    2006 – 2016 : 10 ans pour le Niger !

    L’année prochaine marquera mes 10 ans de présence et de réalisations concrètes pour les enfants de Zinder au Niger!
    L’Association « Au Coeur du Niger » avait été fondée en 2009 et est toujours très active et réactive, grâce aux membres du comité et aux très généreux donateurs, qui ont cru en ces projets et que l’on pouvait réellement apporter une aide concrète et directe sur le terrain, en scolarisant, éduquant et formant les jeunes !

    Le mariage précoce au Niger

    "C'est un excellent film sur le mariage précoce à Tchintabaraden dans l'Azawak."

    Quelques informations et chiffres :

    Le Niger a le plus haut taux de mariage au Monde des très jeunes filles :
    72% avant 18 ans,
    28% avant 15 ans
    48% des jeunes filles sont mères avant leurs 18 ans,
    10% des jeunes filles sont mères avant leurs 15 ans,
    34% des jeunes filles de 15-19 ans meurent lors de leur grossesse ou au terme de leur grossesse.
    Les petites couturières en plein cours, très concentrées sur leur travail au Centre ! Novembre 2015
    Les aléas pour aller et revenir du Niger….
    Je suis très heureuse et reconnaissante d’avoir des personnes extra ordinaires au comité de l’Association, qui me soutiennent et m’épaulent, quoi qu’il arrive !
    A l’image du chef technique de l’Association, qui vient me conduire et me rechercher à l’aéroport de Genève, à chacun de mes voyages au Niger ! C’est que je transporte à chaque fois 2 valises de près de 30 kilos chacune, un sac à dos et un ordinateur... J’ai testé le train à mes débuts, mais avec une opération de l’hernie discale, c’est mieux d’éviter de trop lourdes charges, pour durer bien et longtemps !
    Heureusement, j’étais bien accompagnée lors de mon dernier transport à Genève : 3 heures de voiture pour parcourir Lausanne-Genève aéroport…. Nous faisions du 7 km/h…
    Je suis arrivée à l’enregistrement trop tard, bien sûr, et j’ai dû me rendre très tôt le lendemain matin pour partir vers Paris. Le tapis des bagages était en panne ce matin-là, tout se faisait manuellement et j’ai croisé les doigts des pieds et des mains jusqu’au Niger pour être rassurée que mes 2 valises avaient bien suivi !!
    Une fois arrivée à la capitale, il faut encore prévoir les 1'000 km qui me séparent du terrain et des enfants, à Zinder ! Un avion humanitaire est programmé tous les 3 jours environ et ce dimanche matin, la poussière de sable et un problème technique ont repoussé le décollage de 3 heures… On a bien risqué de devoir repartir dans nos chambres pour revenir le lendemain, ouf !!
    Si ce ne sont pas les pénuries de carburant ou de carburant « impropre à la consommation », qui empêchent les avions de décoller de la capitale…comme 2 fois depuis cet été !
    Mon retour en Suisse, dernièrement, a de nouveau fait l’objet d’inventifs scénarios de la part de l’Univers (et de l’Homme, surtout !!)
    Suite à l’attaque et prise d’otages dans un hôtel au Mali, Air France avait annulé, pour un temps, certains de ses vols au Niger. Le mien en a bien sûr fait partie ! Avec l’aide et la précieuse collaboration de Romontours, j’ai pu prendre un vol avec Turkish Airlines, à 2h du matin un mardi… C’était sans compter d’arriver mardi matin en Turquie, au même instant où un avion russe était abattu par les turcs… Les vents turbulents dans la région d’Istanbul se sont mêlés à la problématique de l’appareil abattu. Après de nouvelles heures d’attente, j’ai enfin pu admirer nos splendides sommets enneigés des Grisons et du Valais ! 18 heures de voyage dans 3 avions et aéroports différents, je finis bien cette année formatrice au niveau de la patience et de l’acceptation ! Vive 2016 !!?

    Vente des produits

    Depuis le samedi 5 septembre 2015, la Boutique ESSENTIEL à la Grand-Rue 11 à Moudon, élégamment tenue par Jessica Perrin, propose les produits artisanaux et alimentaires fabriqués par les jeunes filles de l’Association et par les Touaregs du Niger : Piment en poudre – Poudre d’arachides (idem Maggi mais en super naturel !) – Pâte d’arachides – Savons en forme de coeur – Bagues en argent, bracelets, colliers de toutes sortes – Porte-clés en cuir ou en métal, en forme de coeur ou d’Afrique – Cartes de voeux confectionnées mains, en tissu – Boîtes à bijoux ou de rangement, en cuir de chèvres.
    En plus de ses précieux et essentiels produits naturels faits maison !
     
    MERCI d’avoir pris de votre temps pour lire mes dernières aventures au Niger !
    MERCI pour votre précieux et amical soutien, de près ou de loin !
    Je vous souhaite à toutes et à tous une très belle fin d’année, où que vous soyez !
    JOYEUX NOEL ET BONNE ARRIVEE EN 2016 !
    Isabelle Macheret
    Zinder Niger, Décembre 2015

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    Les amérindiens et certainement d'autres peuples patiquent une belle cérémonie appelée le "Give Away"  qui signifie "donner". Certains objets donnés sont spécialement achetés ou confectionnés pour l'occasion mais souvent il s'agit d'objets qui ne servent pas ou plus. Ces objets sont toujours en bon état même si ils sont parfois très anciens. Le but de la Cérémonie du Give Away est le partage, la continuité, la passation...

    Le sens amérindien de cette cérémonie est que quand on partage ses biens avec les autres, alors, honneur et abondance reviennent au donateur. La roue peut tourner à tout moment et ceux qui sont dans le besoin aujourd’hui peuvent êtres bénis dans l’abondance à partager demain.

    Il s’agit aussi de laisser aller les sens de « self importance » et d'identification narcissique (l'image de soi) attachée aux possessions.

    Cette cérémonie n’est jamais utilisée pour se défaire d’objets qui sont abîmés ou qui ne fonctionnent plus. Donner des objets de rebut est une disgrâce pour le donateur et un manque de respect envers le receveur.

    Certains Give Aways sont faits ou acquis spécialement pour l’occasion. Plus l’objet a de la valeur, plus il est prisé et plus le sentiment de possession est grand pour l’objet, plus la leçon du Give Away est importante.

    Il n’y a jamais de ficelles attachées aux cadeaux, pas d’attentes de retour. 

    La richesse est un concept qui varie d’une culture à l’autre. Dans les traditions amérindiennes, une des facettes de la richesse est la capacité à aider les autres et à donner, la générosité. Avec l’exception des personnes qui recherchent la gratification.

    Il y a aussi l’idée que tout a un rôle dans la création et nous avons la capacité d’assister chaque partie de la création en honorant toutes les parties à accomplir sa mission, y compris les objets. Quand un objet n’est plus utilisé, il ne remplit plus sa mission ou fonction, son potentiel n’est pas en service. Offrir cet objet à quelqu’un qui en a l’utilité ou le besoin est un partage de l’abondance et évite d’accumuler plus que ce dont nous avons besoin pour notre utilisation personnelle.

    L’enseignement du Give Away est de ne pas nous encombrer de choses qui ne servent plus, que ce soient des idées, des habitudes, des certitudes, des personnes, des lieux, des objets… le contrôle. Ces choses nous rendent captifs de nos propres créations.

    Lâchons prise, ouvrons nos mains afin de recevoir, laissons aller la peur du manque et faisons confiance à la vie et au Grand Mystère.

    Tous nos cercles, séminaires, groupes se terminent par un "Give Away". Ainsi, chacun-e apporte un petit cadeau emballé et repart avec un petit cadeau. De nombreuses années de pratique de cette Cérémonie nous ont montré que le  Give Away est toujours pertinent, parfois avec beaucoup d'humour, parfois émouvant, dans tous les cas un beau moment et toujours juste.

    quinta-essentia.over-blog.org


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    Copié/collé de http://www.rtbf.be/info/societe

    Boyan Slat a atteint son objectif. Ce jeune inventeur néerlandais de 20 ans est parvenu à récolter deux millions de dollars (environ 1,54 millions d'euros), soit la somme dont il avait besoin pour développer un projet pilote. Ce sont les internautes qui ont permis de financer ce projet de "nettoyage des océans" grâce à une campagne de crowdfunding.

    nettoyer oceans

     

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    Le projet-pilote devrait être composé de barrages flottants de cinq à dix kilomètres maximum. - © Tous droits réservés

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    Alors qu'il ne restait que deux jours pour atteindre l'objectif des 2 millions de dollars, la campagne de financement participatif battait de l'aile et stagnait à 1,7 million. Mais cette échéance approchant, la mobilisation des internautes a redoublé : nombreux sont ceux qui ont envoyé de l'argent dans ces derniers moments. En tout, quelque 38 000 personnes ont ensemble apporté les 2 millions de dollars nécessaires au projet de Boyan Slat.

    Son projet, il l'avait présenté en 2012. Il consiste à déployer d'immenses barrages flottants contre lesquels viendraient se coller les plastiques, récupérés ensuite dans une tour flottante de 11 mètres de largeur et 58 mètres de haut. Cette tour peut contenir 3000 m3 de plastiques flottants récupérés, puis évacués au bout de quelques semaines. Leur traitement ultérieur fait appel à des traitements physiques (fonte, compression) ou chimiques. Via une réaction facilitée par un catalyseur, il serait possible de refabriquer un carburant liquide.

    Le procédé fonctionne comme un entonnoir qui se met en action grâce aux courants marins. Selon les projections de Boyan Slat et de sa fondation "The Ocean Cleanup", la moitié des déchets de l'Océan Pacifique pourrait être récupérée en moins de dix ans.

    300 millions de dollars pour l'ensemble du projet

    Le projet-pilote, qui pourra être mis en place dans les quatre ans grâce à l'argent récolté aujourd'hui, devrait être composé de barrages flottants de cinq à dix kilomètres maximum. Mais, pour que la totalité du projet aboutisse, c'est-à-dire le nettoyage de l'ensemble des océans, il faudrait 300 millions de dollars... L'étudiant aimerait en effet déployer quelque 100 kilomètres de ce dispositif.

    Ce projet lui demandant désormais beaucoup de temps, Boyan Slat a abandonné ses études à l'université. "Ce que je fais maintenant est bien plus instructif que d'étudier, dit-il. Je ne peux rien imaginer de mieux que de développer une solution à ce problème mondial. Ensuite, grâce à l'appui de dizaines de milliers de personnes, il s'agira de le mettre en pratique."

    T.M. avec De Redactie


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    Fondé il y a trois ans par un ancien cadre financier, le site Graines de troc compte aujourd'hui 5 000 membres. Basée sur une monnaie virtuelle, il constitue une alternative à la privatisation et à la standardisation des semences.


    (Crédit : Graines de troc)
    (Crédit : Graines de troc)
    Du commerce de produits financiers au troc de graines. C'est le virage professionnel qu'a pris Sébastien Wittevert il y a trois ans. Cadre dans la finance, il plaque alors son job pour créer Graines de Troc, une plateforme participative dont le principe est simple : inviter les particuliers à échanger des graines de chia, de petits pois carrés, de roses trémières... Et ainsi participer à défendre biodiversité.
    "Ce fut un long cheminement, mais le jour où j’ai mis les pieds dans une AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), j’ai su qu’il fallait que je fasse quelque chose pour participer moi aussi à la transition écologique indispensable que nous sommes en train de construire."
    La plateforme de Sébastien Wittevert rassemble aujourd'hui plus de 5 000 troqueurs, qui s'échangent 3 000 variétés de graines.
     

    Les enveloppes de graines envoyées de particulier à particulier (Crédit : Graines de Troc)
    Les enveloppes de graines envoyées de particulier à particulier (Crédit : Graines de Troc)
    Le système se veut simple et accessible. Pour encourager les utilisateurs à ne plus se contenter d'acheter des graines, mais à en produire et à les échanger, il s'appuie sur une monnaie virtuelle symbolisée par des jetons. Le premier est offert. Mais pour "gagner" les jetons suivants, il faut expédier par courrier des graines à d'autres troqueurs. 

    Cette façon inédite de se réapproprier des semences disparues du commerce, de particulier à particulier, l'ancien cadre l'a construite en s'appuyant sur son expérience professionnelle des monnaies virtuelles. Affranchie de tout échange monétaire, cette pratique s'en retrouve entièrement légale. Graine de troc s'évite ainsi de connaitre le même sort que Kokopelli, une autre association de défense des semences libres, poursuivie en justice  en 2014 pour commercialisation de variétés anciennes non homologuées au catalogue officiel
    . 

    ÉCHANGE DE SAVOIR-FAIRE
     
    En plus de pouvoir troquer des graines, les utilisateurs du site disposent d’un forum, dans lequel ils peuvent mutualiser leurs savoir-faire : techniques de semis, astuces pour monter son potager, recettes, repérage des espèces invasives ou dangereuses.
     
    À en croire son fondateur, désormais entouré de trois salariés, le site ne cesse de gagner en visibilité et en fréquentation.
    "Nous recensons 600 échanges quotidiens et 13 000 échanges au total", explique à We Demain Sébastien Wittevert, qui veut croire que ce dynamisme est le "signe que de plus en plus de gens sont en train de se convertir à cette alternative simple de désobéissance citoyenne".
     

    Du basilic (Crédit : Wikipedia Commons)
    Du basilic (Crédit : Wikipedia Commons)
    Si l’ancien financier parle de "désobéissance", c’est que, selon lui, le succès de la plateforme exprime "un rejet des multiples normes agricoles"Car s'il est aisé d'acheter des semences, la plupart de celles-ci sont la propriétés de grandes entreprises. Quant aux variétés anciennes, comme le basilic cannelle, elles sont aujourd'hui très difficiles à trouver. 

    JARDINIERS AMATEURS

     
    Pour Sébastien Wittevert, cela s'explique par la standardisation des graines, soigneusement croisées et sélectionnées par leurs détenteurs. À eux seuls, les grands groupes de biotechnologie agricole comme Monsanto, Syngenta, Pioneer, Bayer, Limagrain ou encore Vilmorin contrôlent 75 % du marché mondial des semences. Ces derniers produisent principalement des graines "hybrides F1", qui, sans être forcément génétiquement modifiées, ne sont pas utilisables au-delà d’une saison. Une façon de contraindre leurs utilisateurs à les racheter chaque année.
     

    (Crédit : Graines de Troc)
    (Crédit : Graines de Troc)
    Mais la résistance s'organise. "Aujourd’hui, ce sont les jardiniers amateurs qui conservent la biodiversité et constituent un réservoir pour les agriculteurs", estime Blanche Magarinos-Rey, avocate en droit de l’environnement et de l’urbanisme. Ce monde des jardinier amateurs, elle le connait bien. C'est elle qui a assuré la défense de Kokopelli  lors du procès engagé par des semenciers contre cette association.
     
    Malgré ses déboires judiciaires, sur son site Internet, Kokopelli continue de commercialiser 1 300 variétés de semences. Tapez-y "basilic" et vous obtiendrez deux pages entières consacrées aux différentes variétés de cette plante. Qu'elles soient "à floraison tardive", "au parfum d’anis", "à feuilles mauve" ou "pouvant atteindre la taille d’une main", ces dernières sont difficilement trouvables dans le commerce. Et si Kokopelli a été condamnée pour avoir vendu de telles semences non-homologuées, leurs acheteurs, eux, ne risquent rien aux yeux de la loi, qu’ils soient agriculteurs ou jardiniers amateurs. 

    La démarche de Kokopelli, "en résistance ouverte aux géants de l’agro-industrie", a beau avoir été jugée illégale, elle repose sur le même constat que celui établi par Sébastien Wittvert : en un millénaire, les trois quarts des espèces de plantes ont disparu selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture). En cause, un vaste mouvement de contrôle des semences, enclenché à l'orée de la Seconde Guerre mondiale. 
     

    Un atelier animé par l'association Graines de Troc (Crédit : Graines de Troc)
    Un atelier animé par l'association Graines de Troc (Crédit : Graines de Troc)
    En France, les agriculteurs peuvent certes inscrire leurs propres semences au "catalogue officiel des espèces et variétés", mais la démarche s'avère redoutablement compliquée. Les semences doivent être nouvelles, donner lieu à des plantes identiques et génétiquement stables. De plus, toute nouvelle inscription est facturée en moyenne 500 euros, sans compter le paiement de droits annuels. 

    Des tarifs jugés "prohibitifs" par l'avocate. Et nombre d'acteurs du monde agricole, qui se retrouvent contraints de faire leur choix parmi le petit nombre de semences commercialisées par les multinationales.
     

    TRAÇABILITÉ DES CULTURES 

    Parmi les "gardiens" de ce catalogue, on trouve le GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences), qui est en charge de vérifier si les semences respectent les nombreux critères de certification. 

    Pour Delphine Guey, responsable des affaires publiques au GNIS, de telles restrictions"garantissent la qualité, la réussite et la traçabilité des cultures". Une façon, selon elle, de"favoriser une biodiversité de qualité, avec plus de 73 entreprises françaises, qui chaque année, créent de nouvelles variétés". Des semences "identifiables, indemnes de virus et pures, non assimilées à des mauvaises herbes."
     

    (Capture d'écran Maison du développement durable)
    (Capture d'écran Maison du développement durable)
    Interrogée sur la démarche de Graines de Troc, Kokopelli et autres associations comme Semences Paysannes ou la plateforme Semons, qui dénoncent en choeur "la disparition des variétés de pays" , Delphine Guey pointe "un manque d’information de la part de ces acteurs""Il n’y a pas de monopole", martèle-t-elle. Au contraire, pour la représentante du GNIS, la France jouit d'une grande variété d'espèces inscrites au catalogue et la "biodiversité remonte depuis les années 1990, avec l’engouement autour du jardinage et du mieux-vivre". 

    En proposant des échanges de graines non commerciaux, le fondateur de Graines de Troc, lui, entend faire vivre la biodiversité autrement. Pour Sébastien Wittevert, l'essor de la lutte contre "les standardisations" signe le début de la fin d'un encadrement excessif de la biodiversité.  

    Un mouvement dans lequel il s'investit au delà de son site, à travers 
    la création de potagers dans les écoles, l'organisation de d'ateliers ou encore de "grainothèques  ", des événements au cours desquels les graines de basilic, de tomate ou de petits pois s'échangent librement sur la place publique.


    Lara Charmeil
    Journaliste à We Demain
    @LaraCharmeil 

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